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Le SEP/CNLS organise un atelier sur les objectifs 10-10-10

Santé
: publié Vendredi, le 01/12/2023 par NKURUNZIZA Dieudonné

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Le ministère de la santé publique et de lutte contre le SIDA via le Secrétaire Exécutif Permanent du Conseil National de Lutte contre le SIDA (SEP/CNLS) a organisé vendredi le 1er décembre 2023, un atelier à l'endroit des responsables sanitaires, les représentants des ministères sectoriels sur les objectifs 10-10-10 de la stratégie mondiale de lutte contre le SIDA 2021-2026.

L'atelier est organisé dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le SIDA. La journée mondiale de lutte contre le SIDA édition 2023 sera célébrée le 06 décembre 2023 au Burundi sous le thème :"confier le leadership aux communautés ".

Cet atelier de préparation de cette journée est organisée dans le but d'éveiller les consciences pour plus d'ardeur en vue d'atteindre les objectifs 10-10-10. Selon la Directrice Pays de l'ONUSIDA Marie Margarête Molnar-Ako, le choix de la thématique de l’Atelier représente aux yeux un signe d’appropriation et une volonté de progresser sur des cibles sensibles qui entravent la réalisation des 3x95 dans toutes les populations, toutes les tranches d’âge, toutes les zones géographiques, et freinent ainsi le Burundi dans sa trajectoire vers l’élimination du VIH d’ici à 2030. En effet dit-elle, s’agissant de l’atteinte des 3x95, le Burundi se situe à 97- 100- et 94 % chez les adultes, ce qui a valu au Burundi de recevoir un prix de PEPFAR pour être sur la bonne voie d’atteindre les cibles de l’ONUSIDA. Ces avancées ont été largement possibles grâce à l’action en première ligne et avant gardiste de la société civile, notamment celle des grandes faîtières qui offrent des services de prise en charge et de suivi de qualité à près d’une PVVIH sur 3.

Ces progrès se sont traduits par un impact réel sur le nombre de nouvelles infections et de décès qui depuis 2010 ont connu une des réductions les plus importantes de la région avec respectivement de plus de 60% et de 70% de réduction.

A côté de ce succès qui couronne les progrès remarquables du Burundi dans la riposte malgré un contexte particulièrement difficile, il persiste cependant des défis importants dans la riposte :
-s’agissant des enfants, il faut rappeler le poids trop lourd que portent ceux-ci dans la contribution aux nouvelles infections puisque la tranche de 0-4 ans contribuait en 2022 à 22% des nouvelles infections ; de plus s’agissant des 3x95, les enfants sont bien moins lotis avec seulement 41% des enfants vivant avec le VIH qui connaissent leur statut sérologique, 99% d’entre eux qui sont mis sous traitement et 85% de ces derniers qui ont une charge virale indétectable. Des efforts considérables et urgents doivent donc être faits dans le dépistage des enfants et l’accent mis sur les stratégies dites différenciées qui recourent entre autres aux communautés ;

- s’agissant de l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (ou ETME), le taux de transmission pose toujours un problème et s’élève à 12.37% après la période d’allaitement maternel alors que l’objectif est d’arriver à un taux de moins de 5%, seuil de l’élimination. Il y a donc un besoin urgent de rehausser le taux des consultations pré natales, le dépistage de la femme enceinte et le suivi du couple mère – enfant. Nous saluons le rôle du communautaire auprès des femmes enceintes et allaitantes et encourageons à étendre et renforcer celui-ci.

- s’agissant des adolescents et des jeunes de 15 à 24 ans, la situation aussi est préoccupante avec 15% de contributions en moyenne de ce groupe aux nouvelles infections en 2022, et une vulnérabilité aggravée des adolescentes qui sont au Burundi comme partout en Afrique particulièrement exposées au VIH. Les OSC Jeunes (RNJ+) font un travail formidable qui mérite d’être applaudi et encore pus soutenu.

- s’agissant des populations les plus exposées d’hommes et de femmes, la situation est alarmante avec des niveaux de prévalence en nette augmentation depuis 2013 comme l’ont montré les récentes études IBBS de 2021 et un environnement peu favorable pour les interventions de prévention par les associations identitaires. Travailler avec ces populations qui en ont pourtant besoin est devenu difficile et fait courir des risques aux organisations de la société civile qui en prennent soin. Le thème de cet atelier couplé au thème de cette journée mondiale est l’occasion de lancer encore une fois un message de plaidoyer en faveur d’un environnement plus favorable et de demander de confier le leadership aux communautés. En effet les lois et politiques visant les populations clés mettent en danger les communautés qui tentent de leur apporter des services anti-VIH.

Quant au SEP/CNLS Jean Baptiste Nzorironkankuze au nom du ministre dans cet atelier, celui-ci constitue un cadre et une occasion pour les participants d'identifier les inégalités
probablement vécues dans le pays et dans la communauté, lesquelles sont alimentées par deux
facteurs principaux : la stigmatisation et la discrimination, les normes de genre inégales susceptibles de
véhiculer des violations des droits en général et des PVVIH en particulier.

Dr J. Baptiste Nzorironkankuze a fait savoir que cette nouvelle stratégie inclut également des objectifs pour les vecteurs sociétaux,
Communément appelés « objectifs 10-10-10 ».
En effet, la stratégie mondiale de lutte contre le Sida 2021-2026, dans sa deuxième priorité stratégique « Eliminer les obstacles à l'atteinte des résultats en matière de VIH », prévoit des objectifs et engagements ambitieux spécifigues à atteindre d'ici à 2025 en vue d'éradiquer le VIH SIDA d'ici à 2030 selon l'Agenda de Développement Durable 2030. Il s'agit des objectifs 10-10-10 qui visent à éliminer les obstacles sociétaux et juridiques à l'accès aux services VIH et qui stipulent que:

-D'ici 2025, moins de 10% des personnes vivant avec le VIH et des populations exposées à l'infection à VIH sont victimes de sigmatisation et d'scrimination;
-D'ici 2025, moins de 10% des femmes et filles et des personnes exposées au VIH sont victimes d'inégalités et de violences reposant sur le genre;
-D'ici 2025, moins de 10% des pays ont des lois et des règles punitives
Bien qu'aucun cas de discrimination, de violence ou de violation des droits humains ne soit tolérable. la stratégie comprend ces objectifs 10-10-10 afin de concentrer l'attention sur la prévalence inacceptable
de ces réalités et de susciter des progrès urgents vers leur élimination.
selon lui au Burundi, l'étude sur la stigmatisation/discrimination menée en 2020 avec I'appui de USAID a montré que 41.8% des personnes vivant avec le VIH font l'objet de discrimination et que 57.2% vivent une stigmatisation intériorisée (auto- stigmatisation).

La même étude réalisée en 2014 montrait des données assez élevée: 68% ont relaté avoir eu au moins une fois une expérience de stigmatisation et 84.9% des enquêtés ont rapportés avoir ressenti au moins un épisode d« auto-stigmatisation », les femmes étant les plus touchées (86,9 % Versus 79,9% pour le sexe masculin). Il y a sans doute une évolution mais les données actuelles montrent que la stigmatisation a un impact réel sur le cours de l'épidémie de VIH et la riposte, notamment l'accès aux services pour les plus exposés au VIH.
Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le SIDA plusieurs activités ont été préconisées, des spots, des ateliers de sensibilisation, une synergie des médias, des animations communautaires et bien d'autres.
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