Le mardi 29 septembre 2026, à Bujumbura, le Réseau des Centres des Personnes Handicapées du Burundi (RCPHB), en collaboration avec l’Association Nationale des Sourds du Burundi (ANSB), a organisé un atelier d’échange dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des personnes sourdes et de la langue des signes, sous le thème : « Déclarer les droits humains des personnes sourdes ».
Cette rencontre visait à sensibiliser sur les droits humains des personnes sourdes et à promouvoir l’apprentissage et l’utilisation de la langue des signes dans la société.
Au cours des échanges, les participants ont souligné que la langue des signes n’est pas seulement un moyen de communication, mais une langue à part entière au même titre que le Français, l’Anglais et d’autres langues. Ils précisent qu’elle permet aux personnes sourdes de s’exprimer, d’apprendre, de communiquer et d’être comprises. Ils ont ainsi appelé à la reconnaissance, à la protection et à l’utilisation sans entrave de la langue des signes.
Des défis encore présents
Emmanuel Ndayipfukamiye, responsable du Réseau des Centres des Personnes Handicapées du Burundi, a indiqué que cette Journée internationale constitue une occasion de donner davantage de visibilité aux personnes sourdes, mais surtout de mettre en lumière les difficultés auxquelles elles sont confrontées, et de réfléchir aux solutions à y apporter.
« Aucun droit ne peut être pleinement exercé lorsqu’une personne ne peut ni comprendre les autres, ni se faire comprendre », a-t-il déclaré.
Emmanuel Ndayipfukamiye a appelé le Gouvernement du Burundi à prendre toutes les mesures nécessaires afin de permettre aux personnes sourdes d’accéder pleinement aux différents services, aussi bien dans les institutions publiques que privées, notamment dans les secteurs de la santé et de la justice. Il a notamment recommandé la mise à disposition d’interprètes qualifiés en langue des signes, afin de garantir aux personnes sourdes un accès équitable aux soins de santé et à la justice.
Il a également insisté sur la nécessité d’intégrer l’enseignement de la langue des signes dans les programmes d’enseignement au Burundi, et d’encourager l’ensemble de la société à apprendre et à utiliser cette langue.
Des initiatives déjà engagées
Rosalie Nahishakiye, Secrétaire permanente au Ministère de la Justice, des Droits de la personne et du Genre, a affirmé que le Gouvernement est conscient des difficultés rencontrées par les personnes sourdes, et que des efforts sont en cours pour y apporter des solutions. Elle a rassuré les personnes vivant avec une déficience auditive que le Gouvernement du Burundi poursuivra ses efforts afin d’améliorer leurs conditions de vie au quotidien.
Elle a également rappelé certaines initiatives déjà prises, notamment l’existence de trois écoles situées à Bujumbura, Gitega et Ruyigi, où la langue des signes est enseignée. Elle a aussi mentionné la diffusion d’informations en langue des signes à la Télévision nationale du Burundi, afin de permettre aux personnes sourdes d’accéder elles aussi à l’information.