L’Assemblée Nationale s’est penchée, le 3 septembre 2026, sur le rapport de la Cour des comptes concernant la gestion de la Centrale d’achat des médicaments du Burundi (CAMEBU). Parmi les préoccupations soulevées figure un investissement de 1,998 milliard de francs burundais dans Kira Hospital depuis 2014, dont CAMEBU n’a jusqu’ici perçu aucune dividende. Le ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, explique cette situation par les difficultés financières qu’a connues l’hôpital durant ses premières années.
Un investissement qui ne rapporte toujours pas
Selon le rapport de la Cour des comptes, CAMEBU détient 148 actions dans Kira Hospital, pour un investissement total de 1,998 milliard de francs burundais depuis 2014. Malgré cet investissement, aucune dividende n’aurait encore été versée à CAMEBU.
Interrogé par les députés sur les raisons de cette situation, le ministre de la Santé publique a indiqué que Kira Hospital avait enregistré des pertes durant ses premières années de fonctionnement. Selon lui, même si l’établissement connaît une amélioration de ses activités depuis 2023, les résultats positifs servent d’abord à résorber les pertes accumulées auparavant.
Le ministre a toutefois annoncé qu’un plan quinquennal de redressement et de développement de Kira Hospital est en préparation. L’objectif est notamment de permettre aux actionnaires, dont CAMEBU, de commencer à bénéficier des dividendes.
Les députés exigent plus de transparence
Les échanges à l’Assemblée Nationale ont également porté sur d’autres préoccupations soulevées par le rapport de la Cour des comptes. Les députés ont notamment demandé des explications sur des fonds destinés à la construction d’un hangar de CAMEBU à Gitega. Près d’un milliard de francs burundais aurait été versé à l’OBUHA pour cette construction, mais l’infrastructure n’aurait pas été réalisée.
Certains parlementaires ont souhaité que toute somme dépensée fasse l’objet d’un rapport claire et que, lorsqu’une irrégularité ou un détournement est établi, les responsables soient amenés à restituer les fonds.
Le député Louis Kamwenubusa a estimé que les difficultés relevées à CAMEBU ne sont pas propres à cette institution. Selon lui, plusieurs entreprises publiques dans lesquelles l’État détient des participations connaissent également des problèmes similaires. Il a plaidé pour la mise en place d’une structure capable d’assurer la continuité du suivi des dossiers au sein des ministères, malgré les changements fréquents de responsables.
De son côté, le président de l’Assemblée nationale, Daniel Gélase Ndabirabe, a averti que les rapports de la Cour des comptes doivent être suivis de mesures concrètes. Il a notamment rappelé aux membres du gouvernement que des sanctions pourraient intervenir à la suite des conclusions des contrôles.