Le mardi 01 septembre 2026, la Police nationale du Burundi a présenté deux militaires arrêtés le 25 août 2026 à Buterere, à Bujumbura. Selon leurs témoignages, ils ont été approchés et rémunérés par Bob Rugurika pour rechercher des militaires susceptibles de participer à un projet visant à déstabiliser la sécurité du pays.
Des contacts et des sommes d’argent
Il s’agit de l’Adjudant-chef Ndikumasabo Désiré et du Caporal-chef Manirambona Jean-Marie, ce dernier étant retraité. Selon la police, tous les deux ont reconnu avoir collaboré avec Bob Rugurika.
Ndikumasabo affirme que Bob Rugurika l’a contacté par téléphone et lui a remis dans un premier temps 500 mille francs burundais (500 000 Fbu). Il l’a ensuite mis en contact avec Manirambona afin de rechercher d’autres militaires susceptibles de l’aider dans son projet.
Les deux hommes ont alors communiqué des informations concernant 25 à 30 personnes dans la province de Makamba, ainsi que des axes où elles auraient prétendûment dû se trouver, notamment la RN5 entre Rumonge et Bururi et l’axe Nyanza-Lac - Rukonwe. Selon leur témoignage, ces informations étaient fictives, mais ils ont ensuite reçu 300 mille Francs burundais.
Lorsque les deux militaires ont demandé à Bob Rugurika s’il avait abandonné son projet, celui-ci leur aurait répondu : « J’ai constaté que vous étiez des traîtres et que vous vouliez me dénoncer. »
Appel à la vigilance au sein des forces de sécurité
Ndikumasabo reconnaît que les deux hommes n’avaient pas informé leur hiérarchie de leurs démarches. Ils affirment avoir voulu comprendre au préalable les intentions de leur interlocuteur. Après leur arrestation, ils ont demandé pardon et appelé leurs collègues ainsi que la population à rester vigilants, estimant que « l’ennemi n’est pas loin et ne dort pas ».
Pierre Nkurikiye, Porte-parole du Ministère ayant notamment la sécurité dans ses attributions, estime que cette affaire illustre les risques d’infiltration au sein des structures de défense et de sécurité. Il affirme que des individus ayant cherché à renverser le pouvoir issu des élections de 2015 continueraient à vouloir déstabiliser le pays en utilisant également ses propres institutions.
Selon lui, la principale faute des deux militaires est de ne pas avoir informé leurs supérieurs de leurs activités, empêchant ainsi leur hiérarchie de savoir s’ils n’agissaient pas au profit de l’ennemi.
Les autorités appellent donc les burundais, particulièrement les militaires et les policiers, à ne minimiser aucun fait susceptible de toucher à la sécurité nationale et à signaler toute démarche suspecte à leur hiérarchie.