A quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, la province de Buhumuza accélère la fabrication de bancs-pupitres destinés aux établissements scolaires. Des délégations du bureau du Premier ministre ont effectué, du 18 au 20 août 2026, des visites dans plusieurs communes afin d’évaluer l’état d’avancement du programme. Si des milliers de bancs sont déjà fabriqués ou livrés, le chantier reste confronté à des difficultés liées notamment au manque d’électricité, à la pénurie de carburant, aux retards dans l’attribution des marchés.
Des milliers de bancs déjà fabriqués
Dans plusieurs communes de la province, la fabrication des bancs-pupitres est déjà bien engagée. À Muyinga, 4 221 bancs ont été fabriqués sur les 13 000 attendus, selon l’administrateur Amédée Misago. À Butihinda, 2 200 bancs sont déjà disponibles sur les 3 700 prévus.
Dans les communes de Ruyigi, Butaganzwa et Gisuru, l’avancement reste toutefois plus limité. À Ruyigi, 736 bancs ont été fabriqués sur les 3 017 attendus. À Butaganzwa, 799 sur 2 105 sont déjà disponibles, tandis qu’à Gisuru, seuls 550 bancs ont été fabriqués sur les 5 813 prévus.
Dans la commune de Cankuzo, 688 bancs-pupitres ont déjà été fabriqués sur les 2 169 attendus, dont 229 livrés aux établissements scolaires. À Gisagara, 816 bancs ont été fabriqués sur un besoin estimé à 4 003.
Ces chiffres montrent que, malgré les efforts engagés, une part importante du mobilier scolaire reste encore à produire avant la rentrée.
L’électricité et le carburant ralentissent la production
Dans plusieurs communes, l’accès limité à l’électricité constitue l’un des principaux obstacles à la fabrication des bancs-pupitres. À Ruyigi, par exemple, l’électricité serait souvent disponible principalement pendant la nuit, obligeant les fabricants à poursuivre les travaux durant les heures nocturnes.
Les communes de Butaganzwa et Gisuru font face à des difficultés similaires. À ces contraintes énergétiques s’ajoute la pénurie de carburant, qui complique notamment l’acheminement des matériaux et du mobilier vers les écoles.
Les responsables locaux évoquent également des difficultés liées à l’attribution des marchés. Dans certaines communes, la recherche d’entrepreneurs et les prix proposés par certains prestataires ont retardé le démarrage ou la progression des travaux.
À Cankuzo, le retard dans le séchage des planches constitue une autre difficulté. À Gisagara, l’éloignement de la commune des grands centres urbains a compliqué la recherche d’entrepreneurs capables d’exécuter le marché.
Des besoins encore largement supérieurs aux réalisations
Au-delà des retards, les autorités locales soulignent l’écart entre les moyens disponibles et les besoins réels des établissements scolaires.
À Cankuzo, les 180 millions de francs burundais reçus devraient permettre de fabriquer environ 1 595 bancs-pupitres, alors que les besoins sont estimés à 2 169. La commune sollicite donc un financement supplémentaire.
À Gisagara, les 304 millions de francs burundais reçus devraient permettre de produire environ 2 018 bancs, contre un besoin total de 4 003.
Les responsables de l’éducation estiment par ailleurs que les besoins pourraient augmenter avec le retour de Burundais en provenance de Tanzanie et le rapatriement d’enfants. Ils demandent ainsi que la production se poursuive afin d’éviter une nouvelle pénurie de places assises dans les salles de classe.
Des bancs adaptés à tous les élèves
La question ne concerne pas uniquement la quantité. Les responsables de l’éducation insistent également sur la qualité et l’adaptation des bancs-pupitres à l’âge des élèves.
À Cankuzo, la directrice de l’éducation, Béatrice Hakizimana, demande notamment la fabrication de bancs adaptés aux enfants des classes maternelles, estimant que le mobilier actuellement produit est essentiellement destiné aux élèves de grande taille.
Lors de leurs visites, les membres de la délégation du bureau du Premier ministre ont également relevé des défauts sur certains bancs déjà fabriqués. Ils ont demandé que ces imperfections soient corrigées avant la livraison et l’utilisation du mobilier dans les établissements scolaires.
Améliorer les conditions d’apprentissage pour de meilleurs résultats
Pour les responsables de l’éducation dans les communes visitées, la disponibilité de bancs-pupitres devrait contribuer à améliorer les conditions d’apprentissage. Des élèves correctement installés peuvent, selon eux, mieux se concentrer en classe, ce qui pourrait favoriser l’amélioration des résultats scolaires.
L’inspecteur de l’éducation et de l’enseignement dans la province de Buhumuza, Nsabiyumva Onesphore, s’est également réjoui de l’évolution du programme, tout en appelant à poursuivre les efforts pour garantir de bonnes conditions d’apprentissage.
Les autorités demandent aussi de nouvelles salles de classe
Pour la gouverneure de Buhumuza, Denise Ndaruhekere, l’amélioration des conditions scolaires ne doit pas se limiter à la fabrication des bancs-pupitres. Elle appelle également le Gouvernement à renforcer les moyens consacrés à la construction de nouvelles salles de classe.
L’objectif est d’anticiper l’augmentation des effectifs scolaires et d’éviter que les écoles ne disposent de mobilier sans avoir suffisamment de salles pour accueillir les élèves.
Alors que le Premier ministre avait demandé que les bancs-pupitres soient livrés dans les écoles au plus tard le 15 août 2026, les visites effectuées entre le 18 et le 20 août montrent que le programme accuse encore du retard dans plusieurs communes. Les autorités provinciales restent néanmoins mobilisées pour accélérer les travaux et permettre aux élèves de commencer l’année scolaire 2026-2027 dans de meilleures conditions.