L'Assemblée nationale burundaise, dirigée par son Président Daniel Gélase Ndabirabe, a consacré sa séance plénière du vendredi 17 octobre 2025, à un examen minutieux de la gestion de la Regideso, particulièrement sur l'état de mise en œuvre des recommandations de la cour des comptes. Le Ministre ayant les ressources énergétiques dans ses attributions, Hassan Kibeya, était présent à la séance pour répondre aux questions des députés.
Le réseau vétuste, principal goulot d'étranglement
Au cours de la séance, le Ministre Hassan Kibeya a présenté un tableau de la situation de l'électricité au Burundi. Il a précisé que la production d'électricité atteint 165 mégawatts pour une consommation nationale d'environ 95 MW. Le Ministre a identifié la vétusté des réseaux de transport et de distribution comme le défi majeur dans ce secteur.
Face à ce problème structurel, il a fait savoir qu'une solution prioritaire est en cours à savoir le renouvellement du réseau du poste de Gahongore à la RN1, qui fournit à lui seul plus de 50% de l'électricité du pays. Le Ministre a reconnu que ces travaux indispensables ont nécessité une diminution temporaire de l'intensité du courant transporté via le poste de relais de Rubirizi.
Une stabilité électrique promise pour novembre
Sur la question de savoir à quand la stabilité de l'électricité, le Dr Kibeya a apporté une lueur d'espoir aux députés et à la population. Pour lui, selon les prévisions, les travaux sur la ligne Gahongore-RN1 doivent s'achever en novembre 2025. Le Ministre a rassuré qu'après ce délai, plus de 80% des problèmes liés à l'électricité auront trouvé solution.
La Vision du Gouvernement va au-delà de la résolution des problèmes actuels. Le Ministre a évoqué plusieurs projets structurants destinés à augmenter significativement la production énergétique nationale dont le projet Rusumo-Gitega; Gitega-Ijenda-Ngozi; Rusizi III; l'importation d'électricité depuis l'Éthiopie, etc.
Face à cette future abondance énergétique, Hassan Kibeya a signalé que le Gouvernement compte sensibiliser et appuyer les hommes d'affaires pour qu'ils implantent des industries capables d'absorber cette production. Cette stratégie vise à transformer le défi de la surproduction en opportunité de développement industriel, selon le Ministre Kibeya.
Le secteur de l'eau: des défis de production et de distribution
Dans le secteur de l'eau, le même Ministre a pointé une insuffisance au niveau de la production et du transport, ainsi que l'absence d'un plan directeur adaptant la production de l'eau à l'extension des villes et à l'augmentation de la population.
Il a souligné que pour y remédier, la Regideso multiplie les captages, les adductions d'eau potable (AEP) et les bornes fontaines, particulièrement dans les zones à forte demande comme Bujumbura, Gitega, Rumonge et Nyanza-Lac.
Plusieurs recommandations avaient été formulées par la Cour des comptes, parmi lesquelles l'enregistrement des terrains et bâtiments de la Regideso aux services habilités et la réorganisation du système de distribution des factures aux clients. Certaines de ces recommandations ont été mises en oeuvre totalement, d'autres partiellement.
Le Président de l'Assemblée nationale, Daniel Gélase Ndabirabe, a plaidé pour la digitalisation des réseaux électriques de la Regideso, comme une solution moderne pour juguler les vols sur les installations de la REGIDESO.