Face à la recrudescence de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo qui frappe la République démocratique du Congo et l’Ouganda, le Président burundais Évariste Ndayishimiye, également Président en exercice de l’Union africaine, a réuni ce 16 juin 2026 les dirigeants africains et les partenaires du continent lors d’une réunion virtuelle de haut niveau. Objectif : accélérer la mobilisation des ressources, renforcer la coordination régionale et consolider les capacités sanitaires africaines pour faire face à cette urgence de santé publique.
Une mobilisation continentale et internationale sans précédent
Sous la présidence du Chef de l’Etat burundais, la réunion virtuelle organisée depuis le Palais Ntare House a rassemblé plus de 500 participants issus de tous les continents. Chefs d’Etat et de gouvernement africains, représentants d’organisations internationales, partenaires techniques et financiers ainsi que responsables sanitaires, ont répondu présents pour exprimer leur solidarité avec les pays touchés par l’épidémie.
Selon les organisateurs, une cinquantaine de pays et de partenaires ont transmis des messages de soutien et annoncé des engagements financiers destinés à renforcer la riposte contre la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo.
Ndayishimiye appelle à une réponse rapide et coordonnée
Dans son intervention, le Président Evariste Ndayishimiye a lancé un appel pressant à la solidarité africaine et internationale face à une situation qu’il qualifie de préoccupante. Au 15 juin 2026, plus de 800 cas confirmés et près de 200 décès avaient déjà été enregistrés en République démocratique du Congo et en Ouganda.
Estimant qu’aucun Etat ne peut affronter seul une crise sanitaire de cette ampleur, le Président en exercice de l’Union africaine a plaidé pour une mobilisation urgente des ressources nécessaires à la mise en œuvre du plan conjoint de riposte élaboré par Africa CDC et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), évalué à 518 millions de dollars.
Il a également insisté sur l’importance de renforcer les systèmes de surveillance, les capacités de traitement et les dispositifs de prévention dans les pays affectés ainsi que dans ceux exposés au risque de propagation.
La science plutôt que la peur
Face aux inquiétudes suscitées par l’épidémie, Evariste Ndayishimiye a appelé les gouvernements à privilégier les décisions fondées sur les données scientifiques plutôt que sur la peur. Il a notamment mis en garde contre les fermetures de frontières et les restrictions de voyage non justifiées, susceptibles de perturber les échanges tout en compromettant l’efficacité de la réponse sanitaire.
Le Président de l’Union africaine a exhorté les États à renforcer leur coopération transfrontalière et à soutenir davantage les professionnels de santé engagés en première ligne de la lutte contre le virus. « L’Afrique est unie, prête à agir et déterminée à protéger ses populations », a-t-il affirmé, appelant à une action immédiate pour contenir l’épidémie.
Construire une Afrique plus résiliente face aux crises sanitaires
Intervenant à son tour, le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf a salué le leadership du Président burundais et a souligné l’urgence d’une réponse rapide. Il a insisté sur la nécessité de financer sans délai les équipes d’intervention, d’assurer l’accès aux vaccins, aux traitements et aux outils de diagnostic, tout en renforçant la surveillance épidémiologique.
Au-delà de la gestion de l’urgence actuelle, les participants ont également mis l’accent sur la construction de capacités africaines durables. Investissements dans la recherche scientifique, innovation, production régionale de vaccins et de diagnostics, renforcement des laboratoires et formation du personnel médical figurent parmi les priorités identifiées.
Clôturant les travaux, Évariste Ndayishimiye a salué un moment historique de solidarité et de responsabilité collective. Il a appelé les États et les partenaires à transformer rapidement leurs promesses en actions concrètes sur le terrain, rappelant que l’objectif commun demeure l’interruption de toute nouvelle transmission du virus et la prévention de toute propagation régionale.
« Chaque jour d’inaction est un jour de trop », a-t-il conclu, réaffirmant la détermination de l’Union africaine à protéger les populations du continent et à renforcer durablement sa sécurité sanitaire.