Le Ministère des ressources minières, énergétiques, de l’industrie, du commerce et du tourisme, a organisé le jeudi 16 octobre 2025 à Bujumbura, un atelier de validation du rapport provisoire d’une étude sur l’approvisionnement et la distribution des produits via des achats groupés réalisés par les commerçants transfrontaliers.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet de Facilitation du Commerce et d’Intégration dans la Région des Grands Lacs (PFCIGL), financé par la Banque mondiale.
Jeter les bases d'une réforme pour les petits commerçants
L’objectif principal de cette étude est de jeter les bases d’une réforme réglementaire et d’une simplification des procédures pour les petits commerçants, tout en programmant des investissements dans les chaînes de transformation et les infrastructures dédiées à la production de biens exportables à haute valeur ajoutée, selon la coordinatrice du PFCIGL, Clotilde Nizigama.
Elle a indiqué que le projet capitalisera sur les enseignements tirés de la phase 1, déployée en RDC, au Rwanda et en Ouganda. Dans ces pays, l’appui fourni à certaines associations pour l’acquisition de tricycles motorisés a eu un impact notable. « Cette mesure a entraîné une augmentation significative des revenus des membres, à tel point que certains ont pu réinvestir dans des véhicules supplémentaires et même proposer des microcrédits au sein de leurs associations », a-t-elle souligné.
Elle a ajouté que la présente phase comprendra non seulement l’acquisition de véhicules et d’équipements pour améliorer la logistique, mais aussi des formations en littérature financière et en gestion. « L’objectif est de permettre aux associations de générer des économies d’échelle, d’accroître leurs revenus, et d’assurer leur viabilité et leur croissance à long terme », a expliqué la coordinatrice.
S'attaquer aux goulots d'étranglement à la frontière burundo-congolaise
Pour la Directrice du commerce extérieur, Consolate Sibomana, ce projet arrive à point nommé pour s’attaquer aux contraintes majeures entravant les échanges, particulièrement à la frontière entre le Burundi et la RDC. Elle a énuméré les principaux défis : « les difficultés lors du passage des frontières pour les petits commerçants, la faiblesse des infrastructures et le manque d’installations appropriées pour la collecte, le groupage, la transformation, le conditionnement, l’étiquetage et le stockage des marchandises ».
Elle a également rappelé la parfaite adéquation du projet avec les feuilles de route stratégiques du Burundi, notamment le Plan National de Développement révisé et la Vision d’un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060.
Du transport groupé vers un système formalisé d’achats groupés
Les consultants en charge de l’étude ont pour leur part fait un constat clé : "au Burundi, la pratique courante est le transport groupé, alors que les achats et ventes groupés n’en sont qu’à leurs balbutiements. La formalisation et l’interconnexion de ce système constituent donc un enjeu central du PFCIGL".
Selon ces consultants, une réduction de 25 à 30% des coûts logistiques d’ici 2028 et la création d’un système de groupage structuré et efficace constituent certains des résultats attendus du projet.
L’espoir des commerçants sur le terrain
Cet espoir est partagé par les acteurs de terrain comme Ida Niyonkuru, commerçante transfrontalière sur l’axe Gatumba-Kavimvira. Elle voit dans ce projet une opportunité de réduire significativement les coûts grâce au partage des frais de transport et des formalités douanières, mais aussi un gain de temps précieux. « Je suis pleine d’espoir », confie-t-elle, avant d’émettre un vœu : « J’appelle à ce que le plus grand nombre possible de commerçants transfrontaliers soit sensibilisé et incité à adhérer à ce projet. »