Le 3 avril 2026 à Cibitoke, en Province Bujumbura, le ministre de la Justice Alfred Ahingejeje a lancé un appel ferme à la mobilisation contre les dérives frauduleuses, dénonçant les pratiques des « commissionnaires » qui trompent les justiciables et appellent à des connexions illégales au sein du système judiciaire. Cette prise de position intervient dans le cadre d’une tournée nationale visant à rapprocher la justice des citoyens au Burundi.
Le ministre de la Justice, Alfred Ahingejeje, a pris la parole devant la population de Cibitoke pour dénoncer sans détour les dérives qui gangrènent le système judiciaire burundais, notamment les interventions illégales d’intermédiaires promettant d’influencer les décisions de justice, et pour appeler à une mobilisation collective afin d’y mettre fin.
Des pratiques frauduleuses dans le viseur des autorités
Dans un discours direct et sans équivoque, le ministre a pointé du doigt des individus communément appelés « commissionnaires », accusés de tromper les justiciables en leur faisant miroiter des issues favorables à leurs dossiers, grâce à de prétendues connexions au sein de l’appareil judiciaire. Selon lui, ces pratiques constituent une menace sérieuse à la crédibilité de la justice et fragilisent davantage la confiance des citoyens envers les institutions.
Face à cette situation, il a exhorté les acteurs de la justice, de l’administration et des forces de sécurité à unir leurs efforts pour identifier et neutraliser ces réseaux frauduleux. Des mesures concrètes, a-t-il assuré, seront prises pour éradiquer ce phénomène et sanctionner les auteurs impliqués. Dans la même dynamique, il a mis en garde contre toute relation inappropriée entre magistrats et justiciables, rappelant que l’intégrité du système judiciaire repose sur l’impartialité et l’éthique professionnelle.
Médiation et exécution des décisions : des priorités nationales
Au-delà de la répression, le ministre a insisté sur la nécessité de promouvoir des mécanismes alternatifs de résolution des conflits, notamment la médiation et le dialogue communautaire. Il a souligné que le pays fait face à un volume important de contentieux, estimé à près de 6 000 dossiers, dont la majorité concerne des litiges fonciers.
Dans ce contexte, encourager les citoyens à privilégier des solutions amiables apparaît comme une voie stratégique pour désengorger les juridictions et accélérer le règlement des différends. Le ministre a également rappelé que rendre justice ne suffit pas : encore faut-il garantir l’exécution effective des décisions rendues, condition essentielle pour renforcer l’État de droit et restaurer la confiance des populations.
Une justice plus proche et plus crédible
Cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée du gouvernement burundais de rapprocher la justice des citoyens, en allant à leur rencontre et en prenant en compte leurs préoccupations. À travers ces échanges directs avec la population, les autorités entendent bâtir une justice plus accessible, équitable et en phase avec les réalités locales.
En durcissant le ton contre les dérives et en appelant à une responsabilité partagée, le ministre Alfred Ahingejeje trace les contours d’une justice burundaise appelée à se réinventer pour mieux servir, protéger et rassurer les citoyens.