Réagir vite : le pari de Butanyerera

27/03/2026 09:24 Publié par BIMENYIMANA Emile



Réagir vite : le pari de Butanyerera
photo des participants

Photo : Emile Bimenyimana

Le deuxième jour du séminaire organisé par l’Observatoire National pour la Prévention et l’Éradication du Génocide, des Crimes de Guerre et des Autres Crimes contre l’Humanité (ONPGH), en collaboration avec le Bureau de la Coordonnatrice résidente des Agences du système des Nations Unies au Burundi, a été marqué, le 26 mars 2025, par des exposés enrichissants suivis d’échanges interactifs.

Cette rencontre, qui se tient dans la province de Butanyerera, réunit des représentants de différentes couches de la société autour d’un objectif commun : prévenir les violences susceptibles de conduire aux crimes de masse.

Genre et violences identitaires : des avancées à consolider

Intervenant sur la thématique du genre et des violences identitaires, Mutoni Vera, spécialiste des droits humains, a salué les progrès réalisés au Burundi en matière de représentativité féminine.

Elle a toutefois insisté sur un point crucial :

« La présence des femmes dans les instances de décision doit se traduire par un impact réel au sein de la société.»

Elle a également exhorté les participants à signaler systématiquement tout cas de violence dans leur environnement, soulignant que cette vigilance collective est essentielle pour éradiquer progressivement les violences pouvant conduire à des crimes contre l’humanité.

Alerte précoce et réponse rapide : un impératif pour sauver des vies

De son côté, Benjamin Munyembabazi a développé le concept d’alerte précoce et de réponse rapide. Selon lui, les institutions compétentes doivent réagir avec célérité face aux alertes lancées par la population.

Il a mis en garde contre les réponses superficielles :

des mesures inefficaces, qui ne s’attaquent pas aux causes profondes, laissent les problèmes persister et risquent, à terme, de dégénérer en crimes graves.

Une mobilisation nationale contre les causes profondes des violences

Le président de l’ONPGH, Jean de Dieu Mutabazi, a rappelé que ce séminaire s’inscrit dans une série d’activités déjà menées dans plusieurs provinces du pays, avec une dernière étape prévue prochainement à Bujumbura.

Pour lui, la clé réside dans la sensibilisation des leaders à tous les niveaux : administration, confessions religieuses, partis politiques et forces de sécurité.

L’objectif est clair : prévenir toute forme de violence liée aux identités ethniques ou autres, susceptibles de conduire à des crimes de masse.

Des efforts reconnus au niveau international

Prenant la parole, Bamazi Kossi Tchaa, Conseiller principal en droits humains du système des Nations Unies au Burundi, a salué les avancées significatives du pays.

Il a notamment évoqué :

✅️l’adoption de lois appropriées,

✅️la mise en place d’institutions comme l’ONPGH, etc. 

✅️les dispositions pertinentes ont été incluses dans le code pénal, etc.

Selon lui, ces efforts visent à garantir que les tragédies du passé ne se reproduisent plus.

Des participants engagés et prêts à agir

Les participants au séminaire se disent satisfaits des enseignements reçus.

Nkunzimana Bénigne, représentante des femmes de l’ancienne province de Ngozi, témoigne de l’impact concret de cette formation.

Elle affirme avoir acquis une meilleure compréhension des violations des droits humains et s’engage à sensibiliser son entourage ainsi que les femmes qu’elle représente. Son objectif : promouvoir l’alerte précoce pour des réponses rapides et efficaces face aux situations à risque.

Un message fort : prévenir aujourd’hui pour protéger demain

À travers ce séminaire, un message clair se dégage : la prévention des crimes de masse passe par la vigilance collective, l’engagement des leaders et une action rapide face aux signes avant-coureurs. Ce renforcement du système d’alerte précoce, déjà mis en œuvre dans les quatre provinces de Gitega, Buhumuza, Burunga et Butanyerera, s’étendra bientôt à la province de Bujumbura, afin de couvrir l’ensemble du pays et de renforcer la prévention des atrocités avant qu’il ne soit trop tard.

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