A Rumonge, dans la province de Burunga, la population tire la sonnette d’alarme : entre conflits fonciers omniprésents et décisions judiciaires difficilement exécutées, la confiance envers la justice est mise à rude épreuve.En déplacement sur le terrain, le ministre burundais de la Justice, Alfred Ahingejeje, a tenté d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des citoyens.
Dans la commune de Rumonge, les tribunaux sont submergés par les litiges fonciers, qui représentent plus de 90 % des affaires traitées. Une situation révélatrice de la pression croissante sur les terres, dans une région où la démographie et les héritages familiaux rendent la gestion foncière plus complexe.
A ces différends s’ajoutent les conflits familiaux, notamment les divorces, qui alourdissent davantage le contentieux. Face à cette réalité, les habitants réclament une justice plus proche du terrain, avec des descentes judiciaires régulières pour trancher les litiges directement sur place.
Le défi persistant de l’exécution des décisions de justice
Si les jugements sont rendus, leur application reste un casse-tête majeur. De nombreux citoyens dénoncent le non-respect des décisions judiciaires par certaines parties, fragilisant ainsi l’autorité de la justice.
Ce problème structurel mine la crédibilité de l’institution judiciaire et alimente un sentiment d’injustice au sein de la population. L’absence de mécanismes efficaces pour contraindre à l’exécution des décisions apparaît comme l’un des maillons faibles du système.
Un appel à l’intégrité et à la réforme du système judiciaire
Lors de cette rencontre tenue le 25 mars 2026 dans la province de Burunga, le ministre Alfred Ahingejeje a exhorté les magistrats à faire preuve de rigueur, d’impartialité et d’intégrité.
Il a également dénoncé les pratiques frauduleuses de certains intermédiaires, ainsi que les relations inappropriées entre juges et justiciables, promettant des mesures pour assainir le secteur. Au total, 87 dossiers ont été examinés lors de cette descente, dont 42 demandes de révision et 45 recours en contestation.
À travers cette initiative, les autorités burundaises affichent leur volonté de rapprocher la justice des citoyens, tout en s’attaquant aux dysfonctionnements qui freinent son efficacité. Reste à savoir si ces engagements se traduiront par des changements concrets sur le terrain.