Résilience climatique : le Burundi trace une nouvelle feuille de route pour son port stratégique

27/03/2026 06:01 Publié par Nkurunziza Dieudonné



Résilience climatique : le Burundi trace une nouvelle feuille de route pour son port stratégique
photo de famille de l'atelier de restitution

Photo : RTNB


Le Burundi franchit une étape importante avec la présentation d’une étude d’ingénierie consacrée à la résilience du port de Bujumbura, face aux effets croissants des changements climatiques sur les infrastructures stratégiques. Portée par le gouvernement burundais avec l’appui de partenaires techniques et financiers, cette initiative vise à orienter la prise de décision, renforcer la planification et mobiliser des investissements en faveur d’un développement portuaire durable et sécurisé.

Les résultats de cette étude ont été présentés jeudi  le 26 mars 2026, lors d’un atelier réunissant autorités nationales, partenaires au développement et experts. Cette rencontre marque un tournant dans la réflexion stratégique visant à renforcer la capacité du port à faire face aux chocs climatiques, notamment à la suite des inondations majeures survenues en 2024.

Organisée dans un contexte de vulnérabilité accrue liée aux changements climatiques, la restitution de cette étude a pour ambition non seulement de valider les résultats techniques, mais également d’ouvrir un dialogue structuré entre les différentes parties prenantes, afin d’identifier les priorités d’intervention et de mobiliser les financements nécessaires.


 Un port stratégique fragilisé par les aléas climatiques 


Les intervenants ont unanimement rappelé que le port de Bujumbura constitue un pilier essentiel de l’économie nationale et régionale, jouant un rôle central dans les échanges commerciaux, l’approvisionnement du pays et l’intégration sous-régionale.

Cependant, les inondations provoquées en 2024 par le phénomène El Niño, ayant entraîné une montée significative des eaux du lac Tanganyika, ont mis en évidence la vulnérabilité des infrastructures portuaires ainsi que celle des communautés riveraines. Les pertes enregistrées, tant au niveau des infrastructures publiques que privées, ont souligné l’urgence d’adopter une approche structurée et anticipative face aux risques.


 Une étude pour orienter l’action et renforcer la résilience 


Prenant la parole, Jonas Mfouatie, Représentant résident adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a rappelé que cette étude s’inscrit dans la continuité des évaluations menées après les catastrophes de 2024, avec l’appui du système des Nations Unies, de la Banque mondiale et de l’Union européenne.

Selon lui, cette initiative constitue une « porte d’entrée » pour structurer les efforts de mobilisation des ressources dans le cadre du nouveau cycle de programmation du PNUD (2026-2029). Il a souligné que les catastrophes, bien qu’elles représentent des menaces majeures, peuvent également offrir des opportunités de repenser le développement selon une approche plus durable et résiliente.

Il a, par ailleurs, salué les efforts du gouvernement burundais en matière de réduction des risques de catastrophes, notamment à travers les mécanismes institutionnels existants, tout en réaffirmant l’engagement de son organisation à accompagner le pays dans le renforcement de la gouvernance des risques.


 Une approche intégrée et stratégique de la résilience 


De son côté, le colonel de police Richard Karorero, chef de la planification au ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité Publique, a insisté sur la dimension stratégique de la résilience des infrastructures.

Il a souligné que celle-ci ne se limite pas à des solutions techniques, mais implique une vision globale intégrant la prévention, la préparation, la réponse aux crises et la reconstruction durable. Il a également salué la qualité de l’étude, qui propose des solutions adaptées au contexte national, notamment pour réduire la vulnérabilité du port et renforcer ses capacités d’adaptation.

Le colonel Karorero a appelé à une appropriation collective des recommandations issues de cette étude, insistant sur la nécessité d’une collaboration étroite entre institutions publiques, secteur privé, communautés locales et partenaires au développement, afin de garantir leur mise en œuvre effective.


 Un engagement renforcé des partenaires au développement 


Revenant sur l’historique des initiatives de modernisation du port, Didier Carton, Premier Conseiller à la Délégation de l’Union européenne, a rappelé que des projets de développement du trafic sur le lac Tanganyika avaient déjà été envisagés conjointement avec la Banque africaine de développement.

Toutefois, les impacts du phénomène El Niño ont conduit à une réorientation des priorités vers des approches intégrant pleinement les enjeux de résilience climatique. Dans ce cadre, le projet intra ACP-UE, financé par le 11ᵉ Fonds européen de développement, constitue un levier important pour accompagner le Burundi dans le renforcement de ses infrastructures stratégiques.

Les experts ayant conduit l’étude ont, à cet effet, présenté plusieurs pistes d’action concrètes, notamment en matière de gestion des eaux pluviales, d’aménagements adaptés, de suivi de l’évolution du niveau du lac Tanganyika et d’évaluation des travaux en cours.


 Vers un développement portuaire durable et résilient 


Au-delà de ses conclusions techniques, cette étude apparaît comme un outil stratégique pour orienter les politiques publiques et attirer les investissements en faveur d’un développement portuaire durable.

L’ensemble des intervenants a convergé vers une même conviction : la résilience des infrastructures constitue désormais une condition indispensable pour atteindre les ambitions nationales, notamment la vision d’un Burundi émergent à l’horizon 2040 et développé à l’horizon 2060.

Dans cette perspective, le port de Bujumbura est appelé à devenir un modèle d’infrastructure résiliente, capable de répondre efficacement aux défis climatiques actuels et futurs, tout en soutenant la dynamique économique du pays.

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