Le ministère de la Santé publique a lancé, ce 23 mars 2026 à Bujumbura, un atelier de formation et d’orientation des membres de l’AVoHC (African Volunteer Health Corps) de la région d’Afrique centrale. Prévu jusqu’au 27 mars 2026, cet atelier vise à renforcer les capacités des volontaires afin de mettre en place un dispositif humain solide, rapidement mobilisable pour faire face à d’éventuelles épidémies nécessitant une intervention médicale efficace et coordonnée.
Illustrant le cas du Burundi, la ministre de la Santé publique, Lydwine Baradahana, a rappelé aux volontaires que, malgré la forte contagiosité de maladies telles que le Mpox et le choléra, le personnel burundais de santé a su se protéger grâce à son professionnalisme et au strict respect des mesures de prévention. En suivant rigoureusement les recommandations des experts et les formations reçues, aucun agent de santé n’a été contaminé jusqu’à ce jour au Burundi.
Baradahana a ainsi exhorté les volontaires à ne pas céder à la peur, mais à faire confiance aux protocoles appris et à leur mission. Être en première ligne signifie protéger la population ; avec discipline, vigilance et détermination, ils peuvent accomplir leur travail en toute sécurité tout en restant confiants face aux risques.
Une coopération transfrontalière pour une Afrique mieux préparée
Le directeur régional Afrique centrale d’Africa CDC, Dr Wessam Mankoula, a rappelé que cette institution continentale de santé publique, placée sous l’autorité de la Commission de l’Union africaine, a pour mission principale d’appuyer les États membres dans la préparation et la riposte aux urgences sanitaires, tout en renforçant les capacités de santé publique à l’échelle du continent. Cet appui couvre notamment le renforcement des systèmes de réponse, des capacités de surveillance, des soins de santé primaires, ainsi que le soutien à la recherche et aux institutions nationales.
Face aux flambées récurrentes observées ces dernières années, avec au moins 20 pays touchés chaque année par le choléra, une quinzaine par la rougeole et d’autres par Ebola ou des fièvres hémorragiques virales, il devient essentiel de disposer d’experts rapidement mobilisables. Dans cette optique, un mécanisme regroupant des spécialistes issus des États membres a été mis en place afin de renforcer la capacité de réponse du continent, a souligné Dr Mankoula.
Cet atelier d’orientation vise ainsi à accroître le nombre de membres de l’AVoHC prêts à être déployés. Ce dispositif regroupe des experts en épidémiologie, en laboratoire, en communication des risques et en engagement communautaire, capables d’intervenir dans un délai de 48 heures après la survenue d’une urgence, dès réception d’une demande d’un pays.
Selon David Lyoba Mbulumi, conseiller technique pour la préparation et la réponse aux épidémies au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, cette formation représente une véritable opportunité de mobilité professionnelle. Elle permet aux participants de tisser des réseaux, de se familiariser avec les zones de déploiement et de collaborer efficacement avec leurs homologues pour soutenir leurs pays respectifs.
Il a souligné qu’il s’agit du point de départ d’une coopération transfrontalière renforcée, où le développement des partenariats est essentiel pour améliorer l’efficacité des interventions d’urgence. Il a rappelé qu’en Afrique, aucune organisation ne peut, à elle seule, faire face à l’ensemble des crises sanitaires.
Enfin, il a insisté sur l’importance de la compassion comme forme de leadership : sur le terrain, l’objectif est de prévenir les décès et d’apporter une assistance efficace. Il a appelé les participants à rester informés, à se préparer à différents scénarios et à adopter le principe « Agir comme un seul », tout en faisant preuve d’humanité.