A Bujumbura, le secteur des jeux de hasard s’impose progressivement comme un pilier inattendu mais prometteur de l’économie nationale. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi le 20 mars 2026, le directeur général de la Loterie Nationale du Burundi (LONA), Fabrice Niragira, a dressé un bilan largement positif d’un domaine en pleine mutation.
Une croissance spectaculaire depuis 1985
Créée en 1985, la LONA a vu les activités liées aux jeux de hasard – notamment les loteries et les paris sportifs – connaître une expansion remarquable. Selon son directeur général, le secteur a enregistré une croissance impressionnante, estimée entre 100 % et 5000 % au fil des années.
Aujourd’hui, cette industrie ne se limite plus au simple divertissement. Encadrée par un dispositif légal strict, elle contribue de manière significative aux recettes publiques, tout en participant à la création d’emplois et à la formalisation d’activités autrefois informelles.
La LONA joue un rôle central dans cette dynamique, en délivrant des licences aux opérateurs et en veillant au respect des normes en vigueur.
Des retombées sociales visibles sur le terrain
Au-delà de ses performances économiques, la LONA se distingue également par son engagement social. Une partie des revenus générés est réinvestie dans des projets d’intérêt public, notamment dans le secteur de l’éducation.
Parmi les initiatives réalisées figurent :
* la distribution de bancs pupitres dans plusieurs écoles de Bubanza, Mutakura, Kinama et Winterekwa ;
* la fourniture de lits au lycée Musema, en province de Kayanza ;
* l’amélioration de l’accès à l’eau potable pour une école à Bukinanyana ;
* l’appui en matériel didactique dans la province de Burunga.
Ces actions témoignent d’une volonté affirmée de contribuer à l’amélioration des conditions d’apprentissage et au bien-être des communautés.
Une lutte renforcée contre les activités illégales
Dans le même temps, la LONA intensifie ses efforts pour assainir le secteur. Le directeur général a rappelé que toute activité de jeux de hasard sans licence constitue une infraction à la loi.
Des opérations de contrôle sont actuellement en cours, afin de démanteler les réseaux illégaux, protéger les citoyens et garantir une meilleure mobilisation des recettes de l’État.
Dans une logique de transparence accrue, l’institution a également introduit une nouvelle technologie permettant de tracer les flux financiers issus des plateformes de paiement numérique telles que Lumicash, Payway et eNoti.
Un secteur en pleine structuration et tourné vers l’avenir
Le marché burundais des jeux de hasard attire déjà plusieurs opérateurs, parmi lesquels 1XBet, Bubet, Megalotto ou encore Lydia Ludic. De nouveaux acteurs pourraient prochainement rejoindre le secteur, à l’image de BETXTRA LTD.
Face à cette dynamique, la LONA affiche des ambitions claires : élargir ses activités vers le tourisme et le divertissement, afin d’attirer davantage d’investisseurs et de visiteurs.
L’objectif est double : renforcer l’attractivité économique du pays et créer de nouvelles opportunités d’emploi pour la population.
Un moteur discret mais prometteur
Longtemps considéré comme marginal, le secteur des jeux de hasard s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique de développement au Burundi. Entre croissance économique, impact social et modernisation, la LONA semble déterminée à faire de cette industrie un moteur durable au service du pays.