La Banque de la République du Burundi, en collaboration avec le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) à travers le projet PAIFAR-B, a organisé le 5 mars 2026 à Bujumbura, un atelier de haut niveau consacré à la validation des projets de Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF) et de Stratégie Nationale d’Éducation Financière (SNEF).
Cette rencontre a réuni des responsables des institutions de régulation et de supervision, des dirigeants d’institutions financières ainsi que des partenaires techniques et financiers. L’objectif était d’examiner ces deux stratégies destinées à améliorer l’accès de la population aux services bancaires et aux transactions financières, notamment dans les banques, les institutions de microfinance et d’autres structures offrant des services financiers.
Des mécanismes pour améliorer l’accès aux services financiers
Ces stratégies mettent en évidence les mécanismes que le Burundi peut mettre en place afin d’établir les normes nécessaires pour faciliter les transactions financières de la population auprès des institutions financières.
Elles visent également à renforcer l’éducation financière afin d’aider les citoyens à mieux comprendre et utiliser les systèmes de paiement existants.
L’inclusion financière, un levier de croissance économique
Dans son discours d’ouverture de l’atelier, le Gouverneur de la Banque de la République du Burundi, Édouard Normand Bigendako, a souligné que l’inclusion financière et l’éducation financière constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté.
Selon lui, permettre à toutes les catégories de la population, notamment les femmes, les jeunes et les communautés rurales, d’accéder à des services financiers fiables et adaptés constitue une condition indispensable pour un développement durable et inclusif, en cohérence avec les ambitions de la Vision du Burundi 2040-2060.
Le Gouverneur de la BRB a également insisté sur l’importance de l’éducation financière, qui permet aux citoyens de mieux comprendre les produits financiers, de prendre des décisions éclairées et de se protéger contre les risques. Il a réaffirmé l’engagement de la Banque centrale burundaise à jouer pleinement son rôle de catalyseur dans la promotion de l’inclusion financière.
Le FIDA réaffirme son soutien au Burundi
Dans son intervention, le représentant résident du FIDA au Burundi, Dagmawi Habte‑Selassie, a salué le leadership de la Banque de la République du Burundi dans l’élaboration de ces deux stratégies. Il a indiqué que leur adoption constitue une étape importante pour renforcer le cadre institutionnel et réglementaire de l’inclusion financière dans le pays.
Il a également souligné que l’inclusion financière représente un levier essentiel de transformation économique et sociale, en particulier pour les populations rurales. L’accès aux services financiers, notamment le crédit, l’épargne sécurisée, l’assurance et les paiements numériques, permettra aux ménages ruraux d’investir, d’innover et de mieux faire face aux chocs économiques et climatiques.
Le représentant du FIDA a par ailleurs réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le Gouvernement du Burundi dans la mise en œuvre de ces stratégies.
Une progression notable de l’épargne et des services financiers digitaux
De son côté, Nduwimana Libère, Directeur des systèmes de paiement à la Banque de la République du Burundi et Président du Comité de pilotage de ces stratégies, a indiqué que ces réformes contribueront à accélérer le développement du pays.
Selon lui, elles permettront de rapprocher les services bancaires des citoyens, où qu’ils se trouvent, et de rendre les transactions financières plus rapides et plus accessibles.
Il s’est également félicité de l’évolution de la culture d’épargne dans les institutions financières du pays. Le taux d’épargne dans les banques est ainsi passé de 12,5 % en 2012 à 78,7 % aujourd’hui.
Par ailleurs, il a indiqué que la population recourt de plus en plus aux transferts d’argent via les technologies numériques, illustrant la progression de l’utilisation des services financiers digitaux au Burundi.