Le directeur général de l’Office de Développement du Café (ODECA), Oscar Uwikunda, a effectué le 3 mars 2026, une tournée d’inspection dans plusieurs plantations de la commune Nyabihanga, en province de Gitega. Cette descente sur le terrain visait à évaluer l’état d’entretien des caféiers à l’approche de la production. Le constat est partagé entre satisfaction et inquiétude.
La visite a débuté dans une grande plantation appartenant au CNDD-FDD établi sur la colline Nyamurenge . Sur place, les Bagumyabanga étaient mobilisés pour entretenir les caféiers. Sarclage régulier, élimination des mauvaises herbes et surveillance des maladies faisaient partie des activités observées.
Le DG de l’ODECA a indiqué qu’un bon encadrement et un suivi permanent permettent de préserver la santé des plantations. Dans cette exploitation sur une étendue de 12 hectares avec plus de 27 milles plants de caféiers, il a constaté que les caféiers présentent un bon état végétatif, signe d’un entretien constant. Pour lui, ce type d’engagement contribue à améliorer la qualité du café burundais et à renforcer sa compétitivité sur le marché.
Des plantations laissées à l’abandon
A quelques kilomètres de là, la réalité est différente. Certaines plantations visitées sont mal entretenues. Les mauvaises herbes envahissent les champs et aucun suivi régulier n’est assuré. Pourtant, ces mêmes champs de café avaient autrefois une production importante. Ce contraste a inquiété le DG de l’ODECA. Il a révélé qu'un caféier négligé perd progressivement sa capacité de production. Les maladies et les ravageurs peuvent se propager rapidement et compromettre la récolte. Pour de nombreuses familles rurales, cela représente une perte directe de revenus. Oscar Uwikunda précise qu’une production abondante commence toujours par un entretien rigoureux.
Des mesures fermes et une nouvelle loi en préparation
Face à ces constats, le DG de l’ODECA a annoncé le renforcement des contrôles dans tout le pays. Les descentes dans les plantations vont se poursuivre. Lorsque des champs seront jugés négligés, des ouvriers pourront être engagés pour assurer l’entretien. Les frais seront à la charge des propriétaires concernés. Si ceux-ci ne s’exécutent pas, les coûts pourraient être récupérés sur la production.
Par ailleurs, une nouvelle loi sur la filière café est en préparation. Elle vise à clarifier les responsabilités de chaque acteur et à encadrer davantage la gestion des plantations. L’objectif est de garantir une production de qualité et de protéger cette culture stratégique pour l’économie nationale, selon Oscar Uwikunda, DG de l’ODECA.
À Nyabihanga comme ailleurs, le message est clair : le café reste une richesse essentielle pour le Burundi. Son avenir dépend du travail quotidien des producteurs. Entre encouragement et fermeté, les autorités veulent rappeler que la qualité du café commence dans les champs.