Bujumbura : trois jours de réflexions pour une gouvernance numérique renforcée en Afrique centrale

20/02/2026 08:37 Publié par Twagirayezu Viateur



Bujumbura : trois jours de réflexions pour une gouvernance numérique renforcée en Afrique centrale
Photo de famille des participants de forum de haut niveau

Photo : Viateur Twagirayezu

Placée sous le thème « Le numérique : catalyseur d’innovation, d’inclusion et de développement durable en Afrique centrale », un forum régional de haut niveau s’est tenu du 16 au 21 février 2026 à Bujumbura, capitale économique du Burundi. Pendant trois jours d’échanges intensifs, décideurs politiques, experts, parlementaires, jeunes innovateurs et représentants du secteur privé ont débattu des enjeux liés à la gouvernance de l’internet dans la sous-région. Les travaux se sont déroulés à l’Agateka Hall, salle de conférences de l’Assemblée nationale du Burundi, située à Kigobe.

La rencontre a réuni des délégations des onze pays d’Afrique centrale : le Burundi, l’Angola, la République démocratique du Congo, le Rwanda, São Tomé-et-Principe, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Congo, la République centrafricaine et le Tchad.

Présent à l’ouverture officielle, le Président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), Ezéchiel Niyibigira, a dressé un constat préoccupant : seulement 24 % de la population d’Afrique centrale utilise les technologies numériques, soit environ 43 millions de personnes sur 180 millions d’habitants.

Une connectivité encore fragile dans l’espace CEEAC

Les participants ont souligné que l’instabilité de la connexion internet, le coût élevé des services et le déficit d’infrastructures modernes freinent encore l’essor du numérique dans la région. Le renforcement des réseaux à haut débit et l’harmonisation des politiques publiques figurent parmi les priorités évoquées.

Ouvrant officiellement le forum le 17 février 2026, le Premier ministre burundais Nestor Ntahontuye a exhorté les participants à formuler des recommandations concrètes et opérationnelles. Selon lui, la gouvernance de l’internet ne peut être efficace sans un cadre juridique adapté et sans une coopération régionale renforcée.

Il a rappelé que le Gouvernement burundais a engagé des efforts pour moderniser le secteur numérique, tout en reconnaissant les défis persistants : la cybercriminalité, l’absence d’accès aux technologies numériques dans certaines zones rurales et le manque de législation spécifique encadrant le secteur.

Dans cette perspective, le Chef du Gouvernement a annoncé la préparation d’une loi sur la protection des données personnelles afin de mieux réguler l’écosystème numérique et protéger les citoyens contre les abus.

Jeunesse et innovation au cœur des politiques numériques

Le Ministre burundais en charge des Finances et de l’Économie numérique, Alain Ndikumana, a réaffirmé l’engagement de son ministère à soutenir l’entrepreneuriat numérique, l’intelligence artificielle et le commerce en ligne. Il a appelé le secteur privé à travailler en synergie avec l’État pour consolider l’écosystème technologique national.

De son côté, l’Assistant du Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a insisté sur la nécessité d’investir dans des formations adaptées pour permettre aux jeunes de tirer pleinement profit des opportunités offertes par le numérique. Les propositions formulées par les jeunes participants seront intégrées dans les futures politiques régionales.

Vers une coopération régionale plus structurée

Au terme des travaux, les experts ont recommandé :

le renforcement de la coopération entre États membres ;

l’investissement accru dans les infrastructures numériques ;

l’harmonisation des cadres juridiques relatifs à la cybersécurité et à la protection des données ;

l’implication active de la société civile et des universités.

S’exprimant au nom du Tchad, futur pays hôte de la prochaine édition, Hissein Brahim Abdel Kerim a souligné que la région doit redoubler d’efforts pour faire du numérique un pilier du développement et un outil efficace de lutte contre la cybercriminalité.

Le numérique, pilier du développement durable en Afrique centrale

Dans son discours de clôture, le Premier ministre Nestor Ntahontuye a affirmé que le numérique constitue un levier stratégique pour l’éducation, la santé, l’emploi et la croissance économique. Il a invité les investisseurs à miser sur le potentiel considérable de la jeunesse d’Afrique centrale.

Au terme de ces trois jours de concertation à Bujumbura, une conviction s’est imposée : la gouvernance efficace de l’internet en Afrique centrale passe par des politiques harmonisées, des infrastructures solides et une implication inclusive de tous les acteurs. Le défi est de taille, mais les bases d’une transformation numérique durable semblent désormais posées.

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