Justice juvénile au Burundi : entre avancées légales et défis persistants

23/01/2026 06:17 Publié par Ndayishimiye Emmanuel



Justice juvénile au Burundi : entre avancées légales et défis persistants
Justice juvénile au Burundi : entre avancées légales et défis persistants

Photo : NDAYISHIMIYE Emmanuel

Le ministère de la Justice, en collaboration avec l’Unicef, a organisé ce jeudi 22 janvier 2026 à Bujumbura un atelier national de validation de l’étude portant sur l’état des lieux de l’accès à la justice pour les enfants au Burundi.

Cette rencontre a réuni des acteurs clés du système judiciaire, des partenaires techniques et des experts en protection de l’enfance.

L’étude s’intéresse particulièrement à la situation des mineurs en conflit avec la loi, des enfants victimes ou témoins d’infractions, ainsi que des nourrissons vivant avec leurs mères en milieu carcéral.

Un cadre juridique existant, mais à consolider

Prenant la parole à l’ouverture de l’atelier, la Secrétaire permanente au ministère de la Justice, Mme Rosalie Nahishakiye, a rappelé que le Burundi dispose déjà de plusieurs mécanismes favorables à la justice juvénile.

Elle a souligné que tout mineur en conflit avec la loi bénéficie obligatoirement d’une assistance judiciaire, est jugé au sein de chambres spécialisées, et, en cas de privation de liberté, est placé dans des centres de rééducation et de réinsertion pour mineurs.

Ces centres, situés à Ruyigi (province de Buhumuza) et à Rumonge (province de Burunga), offrent un encadrement adapté, des formations professionnelles et visent la réinsertion sociale des enfants.

Respect des procédures : un enjeu majeur

Malgré ces acquis, Mme Nahishakiye a insisté sur la nécessité de respecter strictement les procédures spécifiques aux dossiers des mineurs.
Elle a appelé l’ensemble des acteurs judiciaires et des prestataires du ministère à garantir une prise en charge conforme aux normes nationales et internationales relatives à la protection de l’enfance.

Pour sa part, l’avocat Albert Arakaza, co-auteur de l’étude, a expliqué que le travail est né d’un constat alarmant : les enfants sont souvent doublement pénalisés par un système judiciaire jugé plus répressif qu’éducatif.

Selon lui, les mineurs en conflit avec la loi, les enfants victimes ou témoins d’infractions, ainsi que les nourrissons en détention, ne bénéficient pas toujours de la protection requise, en dépit des textes légaux en vigueur.

Un écart entre la loi et la réalité du terrain

L’étude met en lumière un décalage important entre le cadre légal et la pratique quotidienne, ainsi que des insuffisances notables en matière de coordination institutionnelle, de capacités des acteurs et de ressources financières.

Tout en saluant les progrès réalisés par le gouvernement — notamment les réformes législatives et la création d’institutions dédiées à la protection de l’enfant — les auteurs estiment que ces efforts doivent être renforcés.

Parmi les recommandations phares de l’étude figurent la réforme harmonisée du cadre légal et l’élaboration d’un texte unique régissant les droits de l’enfant.
Les auteurs plaident également pour le renforcement d’une justice spécialisée pour mineurs, condition essentielle pour garantir un accès durable à une justice adaptée, éducative et protectrice.

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