L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, mercredi 21 janvier 2026, en séance plénière, le projet de loi organique portant modification de la loi organique n°1/27 du 9 décembre 2021, relative aux missions, à l’organisation, à la composition et au fonctionnement de la Police nationale du Burundi.
Invité de l’Assemblée nationale pour apporter des éclaircissements, le ministre ayant la Sécurité publique dans ses attributions Léonidas Ndaruzaniye, a rappelé que la Police nationale du Burundi est actuellement régie par la loi organique n°1/27 du 9 décembre 2021. Cette législation consacre une structure déconcentrée organisée en commissariats régionaux, provinciaux et communaux. En son article 331, alinéa 2, elle prévoit notamment que chaque commissariat provincial comprend autant de commissariats communaux qu’il existe de communes dans la province concernée.
Toutefois, le gouvernement a engagé une série de réformes de décentralisation visant à rapprocher les services publics de la population. Ces réformes ont conduit à un nouveau découpage administratif du territoire, affectant les provinces, les communes, les zones, ainsi que les collines et quartiers. Ainsi, le nombre de provinces est passé de 18 à 5, celui des communes de 119 à 42, tandis que les zones ont été augmentées de 399 à 451. Cette nouvelle configuration administrative a rendu nécessaire une adaptation correspondante de l’organisation de la Police nationale.
Le projet de loi organique adopté introduit, à cet effet, plusieurs innovations. Il prévoit la suppression des commissariats régionaux, la réduction des commissariats provinciaux de 18 à 5 et celle des commissariats communaux de 119 à 42. Par ailleurs, les groupements mobiles d’intervention rapide(GMIR) sont multipliés, chacun couvrant deux à trois communes. Le texte institue également 451 postes de police zonaux afin de renforcer la police de proximité. Chaque poste de police pourra disposer d’autant d’antennes que de besoin et comprendra deux services techniques : la police de sécurité intérieure et la police judiciaire.
En matière de gestion administrative, la réforme accorde une importance particulière aux ressources humaines. Un bureau spécifiquement chargé des ressources humaines est créé. À cet effet, le bureau des relations publiques, affaires sociales et bien-être est scindé entre le bureau des ressources humaines et le bureau logistique, tandis que le bureau administration et gestion est transformé en deux entités distinctes : le bureau du budget et des finances et le bureau des ressources humaines.
À l’issue des échanges, des éclaircissements du ministre et après l’adoption d’amendements de fond et de forme, les députés ont approuvé à l’unanimité le projet de loi organique, consacrant ainsi une réforme structurelle majeure de la Police nationale du Burundi, alignée sur la nouvelle organisation administrative du pays.